Dans le Jardin Doramas, entre palmiers centenaires et murmure de la mer, notre famille (Théodore, ma femme Siam et notre fille Ambre) a découvert un lieu où l’histoire s’embrasse au présent.
Au cœur de Las Palmas de Gran Canaria, Santa Catalina, a Royal Hideaway Hotel invite à un séjour hors du temps. Hôtel 5 ★GL historique, il incarne l’art de vivre canarien entre élégance coloniale, gastronomie raffinée (avec restaurants récompensés Michelin) et service attentif. Nous y avons vécu des moments de sérénité et de partage, entre jardins luxuriants, chambres lumineuses et table d’exception.
L’histoire de Santa Catalina, a Royal Hideaway Hotel
Construit dans les dernières décennies du XIXᵉ siècle, le Santa Catalina est le plus ancien hôtel de Las Palmas de Gran Canaria et de toutes les îles Canaries. Le projet initial, conçu par l’architecte écossais James M. MacLaren, fut achevé en 1890, à une époque où Las Palmas attirait les voyageurs anglais en escale vers l’Afrique. Après une période d’activité interrompue par la Première Guerre mondiale, l’hôtel fut repris par la municipalité en 1923 et profondément remodelé par l’architecte canarien Miguel Martín-Fernández de la Torre, qui préserva l’esprit colonial anglais tout en affirmant le style régionaliste du XXᵉ siècle. En 2019, il renaît sous sa forme moderne, au sein du groupe Barceló, enrichi d’installations contemporaines tout en conservant l’essence de son patrimoine architectural.
L’arrivée & le décor
Notre taxi s’engage dans Ciudad Jardín, ce quartier bordé d’arbres et de villas d’époque. Ambre, collée à la vitre, attend le moment où les façades ocre et blanc se dévoilent entre les branches de ficus. Devant nous, l’imposante architecture coloniale du Santa Catalina, bordée de vastes jardins tropicaux, se dresse avec une grâce tranquille.
L’arrivée est une chorégraphie : le parfum subtil des fleurs, le vent chaud qui traverse les feuilles de palmier, l’accueil affable à la réception. L’intérieur mêle marbres patinés, hauts plafonds et galeries qui racontent des décennies de rencontres et de soirées. Un tapis discret file jusqu’au lounge, où la lumière danse sur des fauteuils en cuir, invitant à la pause.
L’expérience en famille
Chambres & Prestations
Notre chambre donnait sur les jardins luxuriants, un havre de fraîcheur dans la ville. Les volumes généreux, le lit moelleux où Ambre s’est blottie comme dans un nuage, et la salle de bains en marbre traduisent ce savant équilibre entre confort moderne et charme d’antan. Le Santa Catalina offre 204 chambres élégantes, des vues variées — jardins, ville, ou parc — et des espaces conçus pour le repos après une journée d’exploration.
Piscines & Spa
Au détour d’une allée de jardin, nous avons découvert deux piscines entourées de chaises longues — l’une au niveau du jardin, l’autre sur la terrasse panoramique, avec vue sur la baie de Las Palmas. Là, Siam et Ambre ont réinventé la lenteur des après-midis sous le soleil doux de l’Atlantique.
Plus bas, le centre de bien-être propose bains turcs, jacuzzis et soins relaxants (entrée payante) qui offrent à l’adulte une parenthèse de calme absolu.
Gastronomie : un banquet de sensations
Santa Catalina a fait de la gastronomie l’un de ses joyaux. L’hôtel abrite plusieurs restaurants, dont Poemas by Hermanos Padrón et Muxgo by Borja Marrero, tous deux distingués par le Guide Michelin, avec une étoile ou un Michelin Green Star pour leur engagement durable. La première soirée, nous avons opté pour Poemas. L’entrée de veau fondait comme un souvenir enfoui, escortée de légumes canariens délicatement rôtis. Ambre, curieuse, a trempé son doigt dans une purée de patate douce au zeste de citron — un petit rire s’en est échappé, complicité immédiate avec la table. Le service, précis mais sans formalisme excessif, faisait résonner chaque plat comme une strophe.
À 1890 La Bodeguita, les tapas revisitées nous ont entraînés dans un tourbillon de textures : mini-pintxos aux crevettes locales, croquetas de brebis, et éclats de mojo au poivre noir. Le tout, accompagné de vins de Gran Canaria soigneusement choisis.
Le souvenir & l’envie d’y revenir
Quand nous avons quitté le Santa Catalina, le chant discret des palmiers restait inscrit dans nos mémoires. Les éclats d’Ambre, émerveillée par un dessert comme un coucher de soleil en miniature, ont imprimé une douceur durable. Ce lieu n’est pas seulement un hôtel ; c’est un pont entre les générations, un récit de lumière et d’élégance.
Dans le balancement des souvenirs, nous gardons l’essentiel : l’équilibre subtil entre tradition et modernité, entre sérénité familiale et plaisir des sens. Comme le souffle marin qui caresse Las Palmas au crépuscule, Santa Catalina laisse une empreinte délicate — un appel à revenir.


